"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
LE FLEUVE DANS LA VILLE Reptile apprivoisé qu’habille de velours La main lisse du vent sur ses airs d’Orénoque, Le fleuve dans la ville étire ses flots lourds, Froissant en plis rieurs sa moirure équivoque. Les hommes sur ses bords ont dressé leurs palais,...
Lire la suiteTABLEAU DE PRINTEMPS Dans la chambre tiède et vermeille, L’enfant dort au creux du berceau ; Sur le balcon, tant qu’il sommeille, Venez, ma toile et mon pinceau ! Près de la fenêtre entr’ouverte, L’oreille au guet, Je tempère d’une ombre verte L’or d’un...
Lire la suiteLES AMANTS Les verra-t-on, furtifs, dans l’ombre solitaire, Sous l’idéale nuit d’un avril embaumé Où le vent jette au cœur avide d’être aimé La verte exhalaison des encens de la terre ? Leurs pas glissent ensemble à travers bois et champs ; Nul ne sait...
Lire la suitePRÉSENCE Tant qu’autour de leur nom la bouche Pose la ferveur des baisers, Tant que le sang brasse, farouche, Les sentiments inapaisés, Tant que la nuit voit leur visage Sous les paupières s’éveiller, Tant qu’une larme fait naufrage Dans la tiédeur de...
Lire la suiteTOMBEAU Tu ne verras plus le printemps ; Tu ne sens pas frémir la brise Ni vibrer le matin que grise Son reflet d’or dans les étangs. Tes yeux sont fermés, ton oreille Est sourde à la chanson des nids ; Tous les jours pour toi sont finis Quand la terre...
Lire la suiteAU BOIS DORMANT Tout est paisible et lent. Le vent berce les feuilles, Et la lumière doucement bouge dans l'air, Comme une onde pensive et pâle se recueille À l'orée de matins immobiles et clairs. L'oiseau vaque à son nid, l'araignée à sa toile, Des fourmis...
Lire la suiteDURE RÉALITÉ Quand l’amour tisserait les parfums de la terre Pour revêtir son corps d’un linceul embaumé, L’être que dans ce monde on a le mieux aimé N’en finirait pas moins putride et solitaire ; Tu peux croire, puisant aux flots d’un vieux lavoir, Dérober...
Lire la suiteL'IDÉALISTE Si vous l'aimez, que ce ne soit ni pour la rondeur de ses lèvres, ni pour la pourpre de ses doigts, ni pour sa fougue ou pour sa fièvre; si vous l'aimez, n'allez pas voir sur son front des lis et des roses, dans ses yeux le sombre miroir où...
Lire la suiteAUTRE Si je n’étais pas moi, que serais-je ? Plus beau, plus jeune, plus heureux, plus sage ? Ou, rebut du monde et des hommes, traînerais-je parmi les mal lotis ma douleur ? Si je n’étais pas moi, que ferais-je de mes mains, de ma voix, de mon âme ?...
Lire la suiteBÉRÉNICE (1) Mort, dis-tu, messager? Titus est mort? Deux ans... Deux ans déjà, deux ans à peine Qu'une galère emportait loin du port Jusqu'à l'espoir qu'une autre m'y ramène! Depuis, leurrant sa soif de réconfort, Mon âme jette aux flots sa plainte vaine,...
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