"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
LE JARDIN DÉLAISSÉ Du sol sec cent fois rebattu, Entre le chiendent et la mousse, Obstiné, le narcisse pousse Et flamboie à fleur que veux-tu; L'ancolie et la primevère, En sauvageonnes sans façons, Aux allées comme au vieux gazon, Prodiguent leur graine...
Lire la suiteGHAZEL DE L’ABSENCE Le temps étire d’heure en heure ton absence, Le jour s’afflige et la nuit pleure ton absence. Qui comprendrait que je vis d’ombre et de désert Quand nul ne sait qu’en moi demeure ton absence ? Tes yeux, tes mains, la chère forme de...
Lire la suiteE LA NAVE VA Le poète autrefois posait, le soir venu, Les songes de sa plume aux pieds de la déesse, Muse dont la faveur, veillant sur sa prouesse, Ouvrait à ses regards les seuils de l’inconnu. Puis l’amour d’une dame, offert ou contenu, Mit aux doigts...
Lire la suiteFRAGMENTS D'ART POÉTIQUE I Fleurs ou visages Bure ou satin Le vrai l'image Tout fait butin Si ce qu'il tient N'est qu'un mirage Le croire vain Serait-il sage Oui quand il chante C'est dans sa voix Que se lamentent Toutes les voix Est-il sorcier Est-il...
Lire la suiteIMPROMPTU Perles ou larmes, les notes pleuvent du piano, roulent, légères, rosée sur la feuille, s’effondrent, sombrent dans le puits d’un silence éternel, renaissent, tenaces, tâtonnent au bord du gouffre, et rejaillissent, modeste et clair ruissellement...
Lire la suiteBERCEUSE La bouche mi-close fredonne Pour l’enfant que bercent les bras ; Dans l’ombre où son rouet ronronne, La Parque tisse de beaux draps. Pour l’enfant que bercent les bras Viendra le temps de l’imprudence : La Parque tisse de beaux draps Jusqu’au...
Lire la suiteTOURTERELLES Tout autour de ma maison Roucoulent les tourterelles, Le jour est trop court pour elles, Trop vite fuit la saison, La saison pourtant si belle Quand l’aurore en ses atours Et les soirs où l’or ruisselle S’enchantent de leurs amours. Tout...
Lire la suiteLES LIVRES Est-ce discours de déraison ? Est-ce louange à l’étourdie ? Ils sont la terre et la maison, Les racines, la frondaison, Ils sont l’Eden et l’Arcadie. Ils fixent contre les oublis À l’impalpable fil des pages L’essence des temps accomplis, Du...
Lire la suiteALEA... Ce mot-ci, pas celui -là, J'écris, je rature, Chasse ouverte au falbala, Mais la phrase, quoique injure A la vérité, Fourgue l'or de sa figure: Sous son air de fausseté, Quel écho s'allonge Et chuchote en aparté? Quel acide des mots ronge L'oubli...
Lire la suiteL’OURAGAN Ce vent qui vient du fond de l’horizon, Gonflé de pleurs et couronné d’orage, L’entendons-nous gronder sur la maison ? Nous qui veillons, reclus, l’œil à l’ouvrage, Et nous, dormeurs assurés d’avenir, Entendons-nous l’augure du naufrage ? Dans...
Lire la suite