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"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)

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LA VIE COMME ELLE VA

 

BERCEUSE

 

 

La bouche mi-close fredonne

Pour l’enfant que bercent les bras ;

Dans l’ombre où son rouet ronronne,

La Parque tisse de beaux draps.

 

Pour l’enfant que bercent les bras

Viendra le temps de l’imprudence :

La Parque tisse de beaux draps

Jusqu’au bord des pistes de danse.

 

Viendra le temps de l’imprudence :

Combien de mères trembleront

Jusqu’au bord des pistes de danse,

Espoir et crainte à fleur de front !

 

Combien de mères trembleront

Tant les enfants mettent de flamme,

Espoir et crainte à fleur de front,

À fuir où le sort les réclame,

 

Tant les enfants mettent de flamme

À tirer sur le fil des jours,

À fuir où le sort les réclame,

Remportant honneurs et amours !

 

À tirer sur le fil des jours,

La trame du temps périclite,

Remportant honneurs et amours,

La force s’use à leur  poursuite.

 

La trame du temps périclite,

Dans l’ombre chantent les fuseaux ;

La force s’use à leur poursuite,

Course sans fin de folles eaux.

 

Dans l’ombre chantent les fuseaux ;

La Parque à son fil monotone,

Course sans fin de folles eaux,

La bouche mi-close, fredonne.

  

  

 

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