"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
Une colonne de feu, de Ken Follett
et
Requiem, de François-Henri Soulié
Ma préférence va indubitablement au second.
Tous deux savent distiller leurs épisodes comme ceux des séries télévisées, c'est-à-dire de façon à maintenir en suspens la curiosité en entrelaçant les péripéties survenues aux différents personnages.
Mais le premier fait bien trop dépendre l'Histoire de l'intervention de quelques individus obscurs qui parviendraient à manipuler les ressorts, en réalité beaucoup plus complexes, des événements. Il succombe ainsi à la tentation - si répandue - de réduire le cours du monde au combat manichéen du bon contre le méchant, ici Ned Willard et Pierre Aumonde "de Guise". Ce qui ne l'empêche pas d'être une lecture divertissante.
Le second est plus subtil et plus poétique (un peu trop ostensiblement dans les descriptions quelquefois - mais quelle jolie fin de chapitre que cet alexandrin: "... et le couchant, sur eux, pose son drap de pourpre"!). On peut lui savoir gré aussi de n'employer qu'avec discrétion quelques archaïsmes (ce "piéça" que je n'aime pas beaucoup) et d'avoir trouvé une écriture belle et vive, qui ne laisse ni traîner l'action ni s'effacer le pittoresque.