"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
Zeus Sous corps de cygne ou de taureau, Masque de chair ou d’or en pluie, Loin de l’Olympe où je m’ennuie, Je rôde, insolent tourtereau : Que ta pudeur, nymphe, s’enfuie ! Suis-je pas des cœurs le bourreau ? Mais sur l’hôtesse aux mains flétries, Sur...
William SHAKESPEARE Sonnet LXXI No longer mourn for me when I am dead Than you shall hear the surly sullen bell Give warning to the world that I am fled From this vile world, with vilest worms to dwell; Nay, il you read this line, remember not The hand...
On ignore qui est cet Homme aux yeux gris du Titien. On l'appelle pafois aussi Le jeune Anglais. L'écrivain Petru Dumitriu (roumain d'origine, mais écrivant en français), l'a imaginé espagnol, fils de marranes, et lui a fait traverser presque tout le...
2008 : Gilles VERDET - La Sieste des hippocampes 4 nouvelles. La première donne son titre au recueil. Il ne s'agit pas d'animaux marins, mais de la mémoire, comme dans la dernière nouvelle - dans les deux cas mémoire chamboulée, induite en erreur. Les...
2004 : Frédérique MARTIN - L'Écharde du silence 13 nouvelles. Poignantes, parfois terrifiantes: la mère meurtrière, le mythomane poseur de "bombe"... La narration est toujours efficace, presque trop parfois, entraînant au-delà de ce qui, à la réflexion,...
PORT ROYAL DES CHAMPS Alentour, prés et bois mêlent leur vert fouillis Où ne reste de murs qu’une enceinte incertaine, Ici blocs décapés, joints frais, crête hautaine, Là-bas moellons moussus qu’assiègent les taillis ; Le creux du val est vide, et les...
TURNER LA FIANCÉE DE ROBINSON À l’heure où, sous la brume, on devine l’aurore Au tendre rougeoiement que, d’un souffle embaumé, Le vent déroule au loin sur la vague sonore, Dans les haubans d’un brick a fui mon bien-aimé ; Je ne sais quel démon, quel...
Je n'ai pas lu tous les prix Prométhée de la nouvelle (même si je n'en suis pas loin), mais il suffit de reprendre les dix ou quinze derniers pour vérifier combien le goût des lecteurs jurés est ouvert. 1997: Alain KEWES - Le Geste manqué de l'amant 14...
L’Atelier Imaginaire jouit depuis quatre décennies d’une renommée liée à celle des talents nouveaux qu’il a révélés au terme d’un processus original inversant le circuit traditionnel de l’édition. Il la doit aussi à la qualité des nombreux écrivains et...
L'Atelier du Gué, éditeur de la revue Brèves , vient d'inaugurer sa nouvelle formule avec le numéro 102. Intitulé " Le rêve sans fin ", ce numéro rassemble une vingtaine de nouvelles inédites d'auteurs connus (Châteauraynaud, Blas de Roblès, Éric Faye,...
BOUQUET MINEUR Pâle pourpre de l’ancolie, Dauphinelle aux fleurons d’azur, Et toi, compagne du vieux mur, Giroflée où l’or s’humilie ; Toi, marguerite qu’exfolie La quête d’un bonheur futur Et toi, cher souci qu’elle oublie, Comptant sans l’avenir impur...
Les cent derniers jours, de Patrick McGuiness Comme reportage, ne manque pas d'intérêt (surtout si on ne sait pas à quoi s'attendre), mais comme roman, manque d'ossature: le narrateur est transparent, bien que l'auteur ait tenté au début de lui donner...
AGRUMES Mandarines, clémentines, Pamplemousses, citrons verts, Et vous, oranges sanguines, Que rendent grâces mes vers À vos succulentes mines D’ensoleiller nos hivers ! Messagers parmi nos brumes De la tiédeur de vos ciels, Pour les enfants que nous...
Jeune vieillard assis sur une pierre en bois, de G.O. Châteaureynaud Je suis un peu perplexe. Le style de Châteaureynaud m'enchante toujours - cet art qu'il a de dénicher des mots rares sans jamais être pédant, cette façon de ramasser des expressions...
L'art difficile de rester assise sur une balançoire, d'Emmanuelle Urien C'est sûr, je n'aime pas le titre, trop long, trop mode, et je préférais celui sous lequel le roman avait été annoncé par son auteur, mais les circonstances éditoriales ont leurs...
Esprit d'hiver, de Laura Kasischke L'intrigue est terrible, conduite avec maestria - selon un procédé classique de va-et-vient mental entre le présent (truqué, mais on ne le découvre qu'à la fin) et le passé. Et même grossie parfois jusqu'à la caricature,...
L'échange des princesses, de Chantal Thomas Pourquoi appeler roman ce qui n'est guère qu'une reconstitution historique? Et pourquoi étirer sur 300 pages ce qui tiendrait sur moitié moins? Évidemment le sujet est attirant - et c'est bien pourquoi j'ai...
7 femmes, de Lydie Salvayre Oui, exercice d'admiration, avec sans doute aussi l'espoir de faire lire ou relire ces sept écrivains. Pour ma part, je n'en ai fréquenté que trois: Emily Brontë, Colette, et Virginia Woolf; la première très tôt en ce qui concerne...
LE PALAIS DES SONGES Les songes, dit Homère, en lui trouvent naissance, Mais ce palais, ce nid, ce creuset qui condense L’invisible pour l’œil prisonnier de la chair, En quel lieu prend-il forme et de quelle substance ? S’érige-t-il en tour au tréfonds...
ÉLÉGIE PIEUSE Les mains qui savent des douleurs Écorner les griffures, Les chères mains qui furent Le seuil du havre où le haleur Retrouve souffle, ah ! dites-leur, Mes vers, combien sans elles L’avenir perdra de couleurs, Et l’allégresse d’ailes. L’imperturbable...
La vengeance du Mysterium , de Paul Doherty L'auteur, d'abord, me fascine: professeur d'histoire médiévale, il trouve le temps d'écrire pas moins de huit séries historico-policières tantôt sous son nom, tantôt sous divers pseudonymes. Je n'en suis que...
ÉLOGE DU SILENCE Les phrases dures de la prose blessent l'indicible,lames, couteaux, ciseaux dans les branches des songes,et l'aile ensanglantée retombe:terre! terre! mais où estla mer miroir du ciel infini? Aux flèches insaisissables du soleil, aux vagues...
HIVER 48 Père affûtant la serpe ou rétamant le seau, Mère à la basse-cour, Grand-mère à sa marmite, Le vieil homme veillait souvent sur mon berceau : Laissez ! j’ai tant de joie à voir cette petite ! La petite dormait comme à trois mois l’on dort, Un...
DEUX CAVALIERS Un jour clair de septembre, un de ces soirs si doux Que dans l’air transparent l’arbre s’étire et semble, Palpitant d’un essor dont chaque feuille tremble, Flotter vers l’océan du couchant rose et roux, Resserrant de concert leurs doigts...
PETIT BONHEUR Quand je te vois le jour s’éclaire, Il me semble qu’à toucher terre Mes pas s’emplissent de vigueur Et que mon sang brasse l’ardeur Des sèves vertes de naguère. Croiser tes yeux, la belle affaire ! Mais la peine en devient légère Et l’ombre...