"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
Un jour clair de septembre, un de ces soirs si doux
Que dans l’air transparent l’arbre s’étire et semble,
Palpitant d’un essor dont chaque feuille tremble,
Flotter vers l’océan du couchant rose et roux,
Resserrant de concert leurs doigts sur les licous,
Ils auraient dit : Veux-tu ? Promenons-nous ensemble !
Et le pas des chevaux prenant d’eux-mêmes l’amble
Aurait paru bercer les songes les plus fous,
Quand, au seuil de la nuit, dans la sente profonde,
Parmi les ors fuyants que sème l’ombre blonde
Sous les tendres rayons du soleil attardé,
Ils auraient, attentifs l’un à l’autre en silence
Et perclus du bonheur par l’instant accordé,
Recueilli les échos d’une obscure présence.