"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
VIEILLIR Soudain le temps a rétréci ; Nous n’irons plus jamais ensemble Frayer les sentiers sans souci Où nos pas s’inventaient un amble. Plus jamais la vie en nos corps N’épanouira la merveille D’un être neuf, dont le décor De notre avenir s’ensoleille....
Lire la suiteMADRIGAL BLEU L’azur des mers sous l’or des cieux, Le peintre à les vaincre s’échine : Plus heureux l’homme que fascine L’aigue-marine de tes yeux ! ÉPIGRAMME Bon diable, le hasard vous place sur ma route Le jour où je n'y pense pas, Mais, diable pour...
Lire la suiteLE PALAIS DES SONGES Les songes, dit Homère, en lui trouvent naissance, Mais ce palais, ce nid, ce creuset qui condense L’invisible pour l’œil prisonnier de la chair, En quel lieu prend-il forme et de quelle substance ? S’érige-t-il en tour au tréfonds...
Lire la suiteÉLOGE DU SILENCE Les phrases dures de la prose blessent l'indicible,lames, couteaux, ciseaux dans les branches des songes,et l'aile ensanglantée retombe:terre! terre! mais où estla mer miroir du ciel infini? Aux flèches insaisissables du soleil, aux vagues...
Lire la suiteFIGURE IMPOSÉE Tu prétends donc, ma belle, en ta douce démence, Que sur ces douze mots je rime un au revoir ? De ma muse tu sais que le zèle est immense, Mais où diable veux-tu qu’elle case un lavoir ? Le bitume a pour toi plus d’attraits que la terre,...
Lire la suiteHIVER 48 Père affûtant la serpe ou rétamant le seau, Mère à la basse-cour, Grand-mère à sa marmite, Le vieil homme veillait souvent sur mon berceau : Laissez ! j’ai tant de joie à voir cette petite ! La petite dormait comme à trois mois l’on dort, Un...
Lire la suiteOCTOBRES D’ANTAN Une odeur de laurier brûlant Tiédit la brise ; La buse d’un vol nonchalant Frôle l’église. L’écolier, cartable ballant Sur blouse grise, Trotte joyeux sans faux-semblant Ni vantardise. La feuille dans l’air pantelant Flotte indécise ;...
Lire la suiteBÉRÉNICE Messager, que dis-tu? Le prince, à Rome, mort ? N’était-ce pas hier - deux ans peut-être, à peine… - Qu’exempte de l’espoir qu’une autre m’y ramène, La trirème fuyant m’emportait loin du port ? Leurrant depuis ce jour sa soif de réconfort, Mon...
Lire la suiteÉLÉGIE PIEUSE Les mains qui savent des douleurs Écorner les griffures, Les chères mains qui furent Le seuil du havre où le haleur Retrouve souffle, ah ! dites-leur, Mes vers, combien sans elles L’avenir perdra de couleurs, Et l’allégresse d’ailes. L’imperturbable...
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