Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)

Publicité

SUR DEUX HÉROÏNES DE LÉGENDE

 

 

BÉRÉNICE

 

 

Messager, que dis-tu? Le prince, à Rome, mort ?

N’était-ce pas hier - deux ans peut-être, à peine… -

Qu’exempte de l’espoir qu’une autre m’y ramène,

La  trirème fuyant m’emportait loin du port ?

 

Leurrant depuis ce jour sa soif de réconfort,       

Mon âme au fil des flots jetait sa plainte vaine

Sans obtenir jamais, comme trêve à sa peine,

Le moindre écho de l’onde, ou des vents, ou du sort.

 

Titus n’est plus, je vis ; et toi, dont l’endurance

De mes mots belliqueux accompagnait l’errance

Pour que sans fin l’empire entende mon malheur, 

 

Où t’envoyer chercher, émissaire docile,  

Un havre pour mon deuil, pour ses cris un asile,

Vers qui porter demain l’appel de ma douleur ?   

 

 

ARIANE  ABANDONNÉE

 

 

Tu dors, princesse, et tu souris

Aux mirages d’un cœur candide :

Lève-toi ! la brise a repris

Entre tes bras de tendre guide

L’amant sauvé du monstre avide ;

Sous les cieux que l’aube a blêmis,

Au fil des vagues se dévide

Tout l’amour qui te fut promis.

 

Les rocs seuls, dans le matin gris,

Ont vu fuir vers le flot livide,

Les pieds plus lestes que cabris,

Sans remords, l’éphèbe intrépide :

Piège noir, sa voile sans ride,

Engouffrant les autans soumis,

Déploie au loin le deuil perfide

De l’amour qui te fut promis.

 

Tu peux de plaintes et de cris

Obséder l’horizon stupide,

Ou bercer tes rêves chéris,

Ou les broyer, enfin lucide :

La mer pour toi restera vide ;

Pleure l’espoir dont tu frémis :

Contre toi l’univers décide

De l’amour qui te fut promis.

 

Princesses que rien n’intimide

Quand tout bonheur semble permis,

Amarrez-le d’un nœud solide,

L’amour qui vous sera promis !

  

  

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article