"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
LE RÊVE DE L'ÉLÉPHANT Je n'ai nul souvenir de la jungle où le tigre rugit encore, ni des enfants aux joues de cuivre, ni du parfum de safran qui colore les pays voisins de l'aurore. Et toi, beau cheval bai, les connais-tu, les immenses plaines de l'ouest...
Lire la suitePAROLES DE GISANTE « Vous approchez ; vos pas, sur la fraîcheur des dalles, Posent les frôlements de ferveurs inégales ; Celui qui vient complaire au culte du passé Laisse flotter vers nous un œil déjà lassé ; Un autre à son regard tient greffé l’oculaire...
Lire la suiteÀ PROPOS D'UNE AUTRE* On peut lire dans votre voix: cassante, gaie, affable, ou lasse, sur vos humeurs elle est loquace quand vos yeux calmes fixent droit. On admire avec quel doigté son bon plaisir vous agrémente - à dire vrai sans qu'elle mente - quelques...
Lire la suiteEN SOUVENIR D’UNE VOIX Tel, que mène sa soif vers ces secrètes eaux, Croirait, environné d'une forêt profonde, Boire à genoux, dans l'ombre sourde des roseaux, - Jusqu'à mourir - douceur et douleur d'être au monde. Tel, qu'y porte le vol tranquille d'un...
Lire la suiteLIEU COMMUN Ils sont si grands, tous ces poètes! Ta voix fluette Tremble de s'élever près d'eux; Mais le ciel bleu serait moins bleu Sans alouettes. Tu entends dans l'ombre des mots Où ils t'entraînent La voix des dieux bruire si haut! Mais au pays de...
Lire la suiteMÉLANCOLIE DE PRINTEMPS Les matins sont plus clairs, le jour bleu fraternise Avec l’odeur de miel éparse au fil du vent ; Le chat, gourd de tiédeur, assoupi sous l’auvent, Laisse l’oiseau chanter comme en Terre Promise. L’insecte de soleil et de nectar...
Lire la suiteNEIGE Toi qui dans l’ombre as revêtu Nos routes de ta blancheur vaine, Maudite neige, ignores-tu Qu’on m’attend là-bas dans la plaine ? Sceau jaloux qu’a posé la nuit Sur mon chemin, peste enjôleuse, Quel souffle sournois a conduit Vers mon seuil ta candeur...
Lire la suiteNOËL SUR LE CAUSSE Pour sapin, le genévrier Tiré du bois maigre où frissonne La feuille que les vents d’automne Du chêne n’ont pu délier. Déroulé leur nid de guirlande, Voici briller six boules d’or : Parmi les piquants du décor, À doigts prudents, qu’on...
Lire la suiteUN VILLAGE Ils disent que tu n’es pas mort, Mais on a fermé ton école ; De sa cour plus jamais ne sort Un chant narquois de carmagnole ; Son préau clos de verre obscur N’abrite ni jeu ni rengaine, Aucun front ne colle à son mur L’excès d’un rire ou d’une...
Lire la suiteNOVEMBRE Aux volets clos dans le jour qui décline, Au parasol replié sous l’auvent, Au jardin glabre, à la treille orpheline, Au sentier nu que ratisse le vent, J’ai reconnu l’amère discipline De votre absence et j’ai vu, s’élevant Avec la nuit du pied...
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