"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
IRREMPLAÇABLE Vous me manquez si rudement Que ma plume en plaintes s’éraille : Comment pourrais-je sans aimant Garder compacte ma limaille ? Les paumes sages de vos mains En calme lac muaient l’averse ; Sans votre œil clair sur mes chemins Je m’éparpille...
Lire la suiteBAS-BLEU? Elle est de ces femmes indignes Qui rendraient plus que volontiers Leur tablier De cuisine, De celles pour qui la poussière Est un peu moins objet d'aigreur Qu'aspirateur Et serpillière. Ses doigts rechignent aux aiguilles, Le titre de fée du...
Lire la suiteAVRIL Frêle et doré dans le soleil, Le peuplier ouvre ses branches; Sur le narcisse au cœur vermeil, Se lève un matin bleu pervenche. La plaine tendre au bord de l'eau S'étire et vibre à peine éclose; Dans le jardin les nids d'oiseaux Réveillent les boutons...
Lire la suiteAUTOMNES Autrefois, farfadet des grèses, Des clos, des combes, des chemins Où les feuilles couchent à l'aise Leurs chutes d'ambre et de carmin, J'y traînais mes pas enfantins, Etrave où le flot d'or foisonne, Lame froissant moire et satin: J'avais six...
Lire la suiteSENTINELLE De ma fenêtre je regarde, Dès l’aurore montant la garde, Tourner le jour et la saison, Et la nuit - folie ou raison -, Insomnieuse je m’attarde ; Les flammes dont le soir se farde, Le rayon blanc que l’aube darde, J’en vois la moindre effloraison...
Lire la suiteCHERS ÉPHÉMÈRES Ils traversent nos jours sans qu’y pèsent leurs ombres, Attentifs dans l’instant et sitôt oublieux, Liés à nous si fort, si peu ! Car de peur qu’un excès de ferveur les encombre, On les chérit du bout des yeux. Savent-ils quels désirs...
Lire la suiteNUAGES D’ÉTÉ Dans le ciel immensément bleu, Plus légers que flocons de mousse, Trois nuages qu’un zéphyr pousse Vont flottant à la queue leu leu. Le soleil en vain se courrouce, En vain darde un arc ombrageux, Ses traits de leur ventre neigeux Ne tirent...
Lire la suiteET POURTANT… Ils sont si grands, tous ces poètes ! Tu les lis, les relis, ton âme s’en nourrit ; Que pèsent près des leurs tes phrases inquiètes ? Ton vers grince où le leur sourit. Des mots ils domptent l’harmonie, En cent couleurs les sons se divisent...
Lire la suiteBALLADE SUR TROIS BALADINS L'un fut jadis traîne-misère, Voire larron dit la rumeur, Au surplus jaillissant trouvère Dont s'éternisent les douleurs Quand vibre ici résonne ailleurs, De flûtes en violoncelles, L'air que sifflait ce maraudeur Qui fut orfèvre...
Lire la suiteBIBLIOTHÈQUE J’ai sept ans et je viens d’entrer à l’école de mon village : toute petite, classe unique, deux portes et quatre fenêtres, un poêle dans l’ovale de sa grille, deux tableaux verts, six paires de pupitres sur deux files. Quant au maître, vingt-deux,...
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