"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
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IRREMPLAÇABLE
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Vous me manquez si rudement Que ma plume en plaintes s’éraille : Comment pourrais-je sans aimant Garder compacte ma limaille ?
Les paumes sages de vos mains En calme lac muaient l’averse ; Sans votre œil clair sur mes chemins Je m’éparpille et me disperse.
Je venais depuis tant de mois Dans l’ombre de votre lumière Relier ma vie à ma voix, Rassembler une âme en poussière.
Je venais comme à l’oasis Étancher la soif et la fièvre ; Mais il est temps, dit Némésis, Que de ce recours on te sèvre.
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Il est temps, je le sais trop bien, De vous perdre - oh ! l’aride ascèse ! Rien ne saurait dire combien Votre absence à mes heures pèse.
Tout de vous me manque à jamais, Vos regards, vos mains, vos silences, La douceur pure que j’aimais Dérober à vos prévenances.
Je sais, vous n’étiez pas à moi Et pour vous j’en valais quelque autre : Mise inégale - c’est la loi De l’univers sinon la nôtre.
Mais ce qui de vous m’est venu, Les mots sont pauvres pour le dire : Quel poème âprement venu Aurait la grâce d’y suffire ?
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