"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
SENTINELLE
De ma fenêtre je regarde,
Dès l’aurore montant la garde,
Tourner le jour et la saison,
Et la nuit - folie ou raison -,
Insomnieuse je m’attarde ;
Les flammes dont le soir se farde,
Le rayon blanc que l’aube darde,
J’en vois la moindre effloraison
De ma fenêtre ;
Je m’en voudrais si, par mégarde,
Je manquais l’heure où la camarde,
Lasse de ma vaine oraison,
Tendra sa faux vers ma maison
Pour me retrancher, goguenarde,
De ma fenêtre.