"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
| L'IDÉALISTE
Si vous l'aimez, que ce ne soit ni pour la rondeur de ses lèvres, ni pour la pourpre de ses doigts, ni pour sa fougue ou pour sa fièvre;
si vous l'aimez, n'allez pas voir sur son front des lis et des roses, dans ses yeux le sombre miroir où des amants perdus reposent;
inutile, pour que vos mains prennent la courbe de ses hanches et la mesure de ses seins, de grimer les jours en dimanches.
Si vous l'aimez, elle aimerait que vos yeux guettent sur sa bouche la forme grise des mots vrais dans l'esbroufe des phrases louches,
que la couleur de votre voix irrigue de miel vos paroles, que votre regard quelquefois de ses faiblesses la console,
et que la courbe de vos bras, plus douce que l'ombre du saule, quand le monde s'écroulera, repose autour de ses épaules. |
RÉALISME De ma fenêtre au ras du toit, Je n’attends pas, comme on le croit, Que vienne l’oiseau de légende Ni que le ciel en pluie épande L’or que prit Zeus pour masque étroit.
Ni mon front sur le verre froid Ni mon esprit - bien trop adroit - Ne rêvent d’un cœur qui dépende De ma fenêtre.
Et quand la pulpe de mon doigt Dans la buée ouvre un détroit Et le festonne et l’enguirlande, Mon œil n’escompte pour provende Que voir clairement ce qu’on voit De ma fenêtre.
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