"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
Ne risque-t-on pas de s'imaginer que c'est le plus facile?
Loin de là! Et même en se limitant à la forme courte - qui se lancerait aujourd'hui dans une épopée telle que les Chants de Maldoror ou le très oublié Centaure? -, comment s'assurer qu'on n'a pas écrit un morceau purement prosaïque?
Il n'y a pas de règles, sinon des notions très générales telles que la densité, la clôture, la musicalité. Baudelaire cherche, dit-il, "une prose musicale, sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience".
Que faire sinon lire son Spleen de Paris, ou les Feuillets d'Hypnos de René Char (pour prendre des exemples moins décourageants et moins inimitables que les Illuminations, les Champs magnétiques ou le Cornet à dés)?