"La vraie vie, c'est la littérature." (M. Proust)
Le sermon sur la chute de Rome, de Jérôme Ferrari
Incontestablement de la force, et l'adjectif somptueuse qu'emploient les critiques pour qualifier l'écriture n'est pas déplacé. L'impression de déploiement majesuteux qu'elle donne est évidemment due en partie au choix d'une ponctuation raréfiée - qui est parfois lassant.
Ce qu'offre le récit, c'est le spectacle d'une chute sans fin, celle du grand-père comme celle du petit-fils. Mais tout cela n'a-t-il pas été ordonné en vue de la démonstration? Pourquoi Aurélie et Judith n'auraient-elles pas raison contre le fatalisme des hommes? Matthieu et Marcel manquent singulièrement de caractère, en somme, à se laisser ballotter comme ils le font au lieu de se décider à tirer le meilleur, ou le moins mauvais, parti de ce que le sort leur met entre les mains - qui n'est pas absolument nul comme ils semblent se complaire à le penser, même si c'est loin de leurs rêves. La majorité des hommes d'aujourd'hui apparaît-elle ainsi à l'auteur?