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    LIVRES  D’ENFANCE

     

    Plus gras que crête de dindon,

    Dans le premier - celui des contes -,

    Gonfle -  si rouge ! - un édredon

    Que mes terreurs à fuir sont promptes :

    Un loup niche sous son bedon ;

     

    Tourne donc la page, Grand-mère,

    Passe l’ogre et le chat botté,

    Et montre à mon doux petit frère,

    Pour rabattre un peu sa gaîté,

    Le doigt griffu de la sorcière !

     

    Des alphabets, j’en ai bien trois :

    Noires, les lettres du plus grave,

    Mais bistres, ses dessins, je crois ;

    Le second brasse à son étrave

    La mer des mots et des émois ;

     

    Le plus mince à chaque lettrine

    Entortille oiseaux et bouquets ;

    Cols d’ibis, courbes de glycine,

    Flamants fiers et galants muguets,

    Un monde aimable s’y décline.


     
     

     

     

     

     

     

     


     

    Et vous, livres d’or ou d’argent,

    Bibliothèques vertes, roses,

    Recueils des fables propageant

    Prodiges et métamorphoses

    D’un flambeau toujours résurgent,

     

     Livres de l’enfance où s’embrase

    Un amour qui ne finit pas,

    Des sabots altiers de Pégase

    Feux follets semés ici-bas,

    Brandons naïfs d’une humble extase,

     

    En vous le désir et l’espoir,

    En vous l’infini de l’espace

    Et l’éternité du grand soir,

    Livres qu’on lisait comme on passe

    De l’autre côté du miroir !


     

     

     

     

     

     

     

     

                           

     

     

     


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