• PARLONS PLUTÔT D'AMOUR

     

     

    LES  AMANTS  

                                 

     

    Les verra-t-on, furtifs, dans l’ombre solitaire,

    Sous l’idéale nuit d’un avril embaumé

    Où le vent jette au cœur avide d’être aimé

    La verte exhalaison des encens de la terre ?

     

    Leurs pas glissent ensemble à travers bois et champs ;

    Nul ne sait quel éclair de candide démence,

    Les a, tout éperdus de cette audace immense,

    Déliés ce soir-là de scrupules touchants ;

     

    Mais ils s’enfuient, muets tant leur âme est sonore,

    Faisant fi de fournée ou de linge au lavoir,

    Oublieux d’êtres chers qui comptent les revoir,

    Et rêvant que pour eux dorme à jamais l’aurore.

      

        

     

    SEPTIÈME CIEL

     

    De ma fenêtre tu verras,

    Quand je te tiendrai dans mes bras,

    Le ciel dorer sa voûte immense

    Et pour notre amour qui commence

    Dresser cent décors d’opéras ;

     

    La chair confite des cédrats

    Et la chaleur de l’hypocras

    Scelleront pour toi la clémence

    De ma fenêtre ;

     

    Et sans brillants de vingt carats,

    Sans brocarts, martres ni surahs,

    Quand du bonheur pur la semence

    Aura fleuri dans ma romance,

    À jamais tu te souviendras

    De ma fenêtre.

     


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