• IRREMPLAÇABLE

      

      

    IRREMPLAÇABLE

     

     

     

    Vous me manquez si rudement

    Que ma plume en plaintes s’éraille :

    Comment pourrais-je sans aimant

    Garder compacte ma limaille ?

     

    Les paumes sages de vos mains

    En calme lac muaient l’averse ;

    Sans votre œil clair sur mes chemins

    Je m’éparpille et me disperse.

     

    Je venais depuis tant de mois

    Dans l’ombre de votre lumière

    Relier ma vie à ma voix,

    Rassembler une âme en poussière.

     

    Je venais comme à l’oasis

    Étancher la soif et la fièvre ;

    Mais il est temps, dit Némésis,

    Que de ce recours on te sèvre.

     

    Il est temps, je le sais trop bien,

    De vous perdre - oh ! l’aride ascèse !

    Rien ne saurait  dire combien

    Votre absence à mes heures pèse.

     

    Tout de vous me manque à jamais,

    Vos regards, vos mains, vos silences,

    La douceur pure que j’aimais

    Dérober à vos prévenances.

     

    Je sais, vous n’étiez pas à moi

    Et pour vous j’en valais quelque autre :

    Mise inégale - c’est la loi

    De l’univers sinon la nôtre.

     

    Mais ce qui de vous m’est venu,

    Les mots sont pauvres pour le dire :

    Quel poème âprement venu

    Aurait la grâce d’y suffire ?

      

      

      

     


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