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     LA SIESTE 

     

     

    Pourquoi, grand-mère, faudrait-il,

    Pendant que tu dors, que je dorme, 

    Quand je pourrais lire sous l’orme

    Ou folâtrer dans le fenil ? 

     

    Le soleil d’août recuit la tuile

    Et grésille au ras du volet ;

    La maison moite se complaît

    À somnoler dans son bain d’huile. 

     

    Grand-mère, auprès de moi tu dors,

    Quatre-vingts ans, moi dix à peine !

    De ton souffle la chambre est pleine ;

    Le monde étincelle au-dehors. 

     

    En sourdine bout le silence ;

     Poudre errante de papillon,

     Dans l’insolence d’un rayon,

     La poussière captive danse. 

     

    Tu dors. Moi, l’œil trop grand ouvert,

    Sur ma couche je tourne et vire ;

    Tout juste si parfois soupire

    Ton corps à l’oubli morne offert. 

     

    Près du lit bâille la fenêtre ;

     Sans bruit j’écarte le battant,

    J’enfourche l’allège, écoutant

     Dans mon sang gronder du salpêtre : 

     

    Mais non ; de bronze est ton sommeil ;

    Tu ne sais plus quel feu, grand-mère,

    Pousse l’enfant sur sa chimère

     À chevaucher vers le soleil !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

                           

     

     

     


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